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CHRONIQUE REVUE
du 06 octobre 2010





« Notre projet consiste à contribuer au rapprochement et au dialogue de ces différentes écologies politiques dans le but de déchiffrer, à travers ces échanges, les lignes de force et les perspectives futures d’une véritable politique de l’anthropocène. Ce projet éditorial qui se déroulera sur deux ans s’ouvre, avec ce numéro, par des contributions françaises. »
Ainsi définissent Denis Chartier et Jean-Paul Delage — dans leur contribution à ce nouveau numéro de Écologie & Politique (N°40 Les écologies politiques d’aujourd’hui — 1. France) —, l’objet du projet éditorial de la revue.
La qualité des auteurs intervenants, ainsi que la maîtrise du sujet, nous offrent l’occasion de comprendre comment l’écologie politique peut répondre à la crise systémique de la société productiviste industrielle. Il s’agit d’un travail collectif au sens large du terme, un travail « d’inventeur » politique qui prend pour sujet l’ère nouvelle dans laquelle nous sommes entrés : l’anthropocène. Une ère où l’homme, par ses activités, agit directement sur les écosystèmes et est devenu le facteur premier du bouleversement climatique.

À noter l’intervention de Serge Latouche, La décroissance est-elle la solution de la crise ?, dans laquelle celui-ci défend l’idée d’une décroissance voulue et heureuse, qui est l’opposé même de la croissance négative : « … la décroissance choisie n’est pas la décroissance subie. Le projet d’une société de décroissance est radicalement différent de la croissance négative, celle que nous connaissons désormais.»
Serge Latouche propose de décoloniser nos imaginaires «devenus toxico-dépendants de la drogue consumériste. »
Son analyse et ses propositions de changement s’appuient sur un socle qu’il nomme les « huit R » : « Réévaluer, Reconceptualiser, Restructurer. Relocaliser, Redistribuer, Réduire, Réutiliser, recycler. » Un programme politique ambitieux qui suppose une sortie du paradigme capitaliste productiviste et de sa pensée néolibérale assassine.

De nombreuses contributions viennent étayer ce numéro de Écologie & Politique, dont celles de Mathias Lefèvre, Jean Zin, Denis Duclos, Bruno Latour, Bruno Villalba…
On notera encore l’article de Jean-Paul Deléage, En quoi consiste l’écologie politique ? qui détermine le rôle, les conditions et les moyens d’une écologie politique agissante.
« Sur une planète aux ressources et aux dimensions finies, nous vivons désormais dans des sociétés du risque majeur. Pour que l’argent produise toujours plus d’argent et toujours plus vite, terre, cieux et eaux ont été systématiquement sacrifiés à la logique dévorante du profit. » Pour l’auteur, il s’agit avant tout de saisir dans un premier temps la complexité du monde pour penser sa transformation politique.
Paul Deléage opte pour une politique écologique transnationale. Il pense que l’universalisation du marché est à l’opposé de toute issue démocratique. Il n’y a pas dans la globalisation, la marchandisation des biens et des hommes, de possibilité démocratique. Il s’agit bien d’une société totalitaire mise en place par le néolibéralisme productiviste.

Écologie & Politique est une revue d’un grand intérêt. Si elle nécessite une participation active du lecteur, si elle le force à réfléchir sur le monde actuel et si elle l’incite à devenir un acteur de ce dernier, il n’y a qu’à s’en féliciter.



Écologie & Politique, revue semestrielle (N° 40 Les écologies politiques aujourd’hui — 1. France ), éd. Syllepse

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