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LA CHRONIQUE LIVRE
du 2 novembre 2009




 « Bref, à rebours de tout ce dont on veut nous convaincre, nous devons poser avec force et clarté que la seule politique acceptable d’un point de vue humaniste est celle qui se propose non pas de corriger, amender, rectifier ou ravauder de quelque façon que ce soit le système capitaliste, mais d’en finir avec lui. »
Voilà qui a pour mérite d’être franc, massif et clair. Alain Accardo, l’auteur de Le petit-bourgeois gentilhomme, sous-titré Sur les prétentions hégémoniques des classes moyennes, dans la collection Contre-feux des éditions Agone, n’y va pas par quatre chemins. Il n’hésite pas à se mettre à dos les partisans du marché global et du capitalisme décomplexé (ce dont il a cure, j'en suis convaincu), mais aussi les autres, certains de ses amis de lutte.
Alain Accardo analyse les raisons qui font que le système capitaliste, « environnementicide » par excellence, égocentrique et déshumanisant, se reproduit apparemment de génération en génération depuis des lustres, sans qu’aucune opposition, combat ou théorie n’aient pu en venir à bout.
Le constat qu’il en tire, et la solution radicale qu’il propose, devrait faire grincer les dents de beaucoup de nos contemporains accro-dépendants aux désirs solvables et qui se disent/croient libres de choisir leur modèle de vie.
Si ce système perdure, c’est que nous le voulons bien. C’est qu’il a envahi notre quotidien, annexé notre subjectivité et qu’il fonctionne en nous aliénant psychologiquement et moralement. Nous sommes à la fois ses sujets et ses victimes. « Notre société du rendement et de l’efficacité a créé un homo novus, un nouveau type de personnalité programmé par et pour la “guerre économique” et la concurrence à outrance dans tous les domaines. »

Le petit-bourgeois gentilhommeest une œuvre de salubrité publique, un essai qui remet les pendules à l’heure.  Le livre nous renvoie à nous-même, à nos responsabilités de citoyens et à notre degré de « contamination » par un système capitaliste, pour le coup, hégémonique. « … ce qui frappe l’observateur de la réalité d’aujourd’hui, du moins dans nos sociétés “développées”, c’est l’acceptation en masse et en profondeur du monde tel qu’il va par des populations tellement habituées à l’état présent des choses et au cours des événements qu’elles n’arrivent même plus à imaginer qu’il puisse en aller autrement. »

À rapprocher, dans un autre genre, en plus tranchant dans l’analyse et aussi en plus politiquement agressif dans celui d'Alain Accardo, du livre d’Hervé Kempf : Pour sauver la planète, sortez du capitalisme.
Le petit-bourgeois gentilhomme
revigore, réveille et fait réfléchir. Pourquoi s’en priverait-on, sinon pour demeurer indéfiniment sous hypnose ?


Le petit-bourgeois gentilhomme (Sur les prétentions hégémoniques des classes moyennes), de Alain Accardo, collection Contre-feux, éditions Agone

Pour en savoir plus : http://www.agone.org


Christophe Léon

www.christophe-leon.fr


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