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LA CHRONIQUE DVD
du 20 octobre 2009




Une école en Inde dans la région rurale de l’Andra Pradesh. On y applique le « Programme River » inspiré par Jiddu Krishnamurti un philosophe indien qui considérait l’éducation comme l’un des piliers de l’être. Tout ceci est dépaysant. Les paysages sont rafraîchissants. Les enfants magnifiques. Le maître jovial. L’école de la vallée de Rishi particulièrement verdoyante et accueillante. On pourrait penser qu’il s’agit d’une énième mouture de « l’école nouvelle », libérée et joyeuse — bref d'une utopie. Un modèle totalement inapplicable dans notre société dite développée. Une version indianisée de la pédagogie Freinet ou Montessori. On se tromperait.
L’école de la liberté (School without walls), le film documentaire de Robert André distribué par Les films du paradoxe, tend à nous démontrer le contraire.
Le « Programme River » appliqué maintenant dans 40.000 écoles de cinq États indiens a réussi à attirer les enfants dans le giron de l’enseignement, notamment dans les petits villages ruraux où les élèves sont réunis dans des classes multi-niveaux d’une quarantaine de personnes s’étalant sur cinq années. C’est de cette expérience dont il est question dans 
L’école de la liberté.

La pédagogie qui est à l’honneur est celle de l’enseignement individualisé. L’enfant n’est plus considéré comme un pion qu’il faut domestiquer. Plus question d’en faire un petit soldat qui rejoindra, une fois l’uniforme d’un savoir pré-mâché endossé, le gros de la troupe. La méthode d’enseignement qui est proposée part du principe que l’enfant définit lui-même son rythme d’apprentissage. L’enseignant jouant davantage le rôle d’un "facilitateur", d’un "passeur de témoin". Les savoirs ne sont pas imposés mais proposés et le matériel d’auto-apprentissage est réalisé par le maître en fonction de sa classe et des différents niveaux.
Révolutionnaire ? Non, simplement de bon sens.
Sont mises en action des valeurs telles que l’entraide, la coopération, l’écoute, la bienveillance. On ne cherche pas à faire entrer de force
des concepts dans le crâne, mais tout au contraire de donner des moyens aux élèves de se réaliser. Apprendre à lire, à compter et à calculer devient alors un jeu… d’enfants. 
La compétition n’existe pas. La concurrence, l’excellence ne sont pas les ressorts de cette pédagogie, qui a pour principal avantage de faire de l’élève un être à part entière et de redonner au maître une dimension et une aura disparues depuis belle lurette dans notre système éducatif.

Quel incroyable contraste que cette école indienne et, par exemple, un certain collège de ma connaissance. Un établissement de centre ville où le mot d’ordre se résume à obtenir un minimum de 95% de réussite au Brevet. Ici, l’enseignement ne s’inspire pas des méthodes de Jiddu Krishnamurti. Pas une tête ne doit dépasser. Ici, on forme les gagnants de demain. De braves consommateurs, maillons interchangeables d’une longue chaîne infinie. Pas de «Programme River», mais un programme rivé, cloué sur place, qui ne laisse rien au hasard. Ce n’est pas 
L’école de la liberté mais davantage l’école libérale, celle de la compétition à outrance et du bachotage. Elle a oublié, ou plus justement mis de côté, les données sociales et individuelles. Comme il existait autrefois une middle class, cette école transmet un middle enseignement. Ni trop, ni trop peu. Le but est de faire entrer la jeunesse dans la «carrière» quand les aînés en sortiront.

L’école de la liberté, de Robert André, nous montre peut-être la voie à suivre. Celle de l’individu en tant qu’être de chair et de cœur. Pas seulement un numéro de dossier, un quidam lambda à faire passer dans la moulinette de l’éducation pour qu’il en ressorte chair à savoir, docile et rompu à la survie dans un « monde global », un monde matérialiste et consumériste.
L’école de la liberté n’est pas une curiosité, mais plus certainement un modèle d’enseignement et surtout de vie en communauté dont nous ferions bien de nous inspirer un tant soit peu.


L’école de la liberté, de Robert André, chez Les films du paradoxe, DVD

Pour en savoir plus : http://www.filmsduparadoxe.com


Christophe Léon

www.christophe-leon.fr


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