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CHRONIQUE LIVRE
du 22 septembre 2010




« Dans une société productiviste qui ne peut survivre que par la “croissance”, dans une civilisation de la prestation et de la personnelles, l’individu libéral issu de l’émancipation des Lumières est transformé en un producteur et un consommateur appelé à s’endetter pour suivre le mouvement d’accélération et de diversification de la consommation par la création de pseudo-besoins. »
Citation extraite de la contribution de Claude Calame au livre Le capitalisme contre les individus – Repères altermondialistes, paru dans la collection Petite encyclopédie critique des éditions Textuel — ouvrage collectif dans le cadre du Groupe « Individualisme contemporain » du Conseil scientifique d’Attac France.
Cinq contributions qui donnent corps à ce livre dont l’objet est d’analyser  et « de mettre en cause l’individualisme atomisant et concurrentiel du capitalisme ».
Un système, le capitalisme, qui au nom d’une identité marchande de l’humain transforme l’individu en une machine laborieuse et rentable.

« … c’est précisément de la notion de liberté que sont nés tous les malentendus entretenus par la pensée économiste contemporaine ; de fait celle-ci s’est focalisée sur la seule liberté du marché (mondialisé). » Toujours Claude Calame dans sa participation : L’individu en régime néolibéral et les droits sociaux de la personne.
Dans un monde où l'émancipation de l’individu est assimilée comme une accession à la propriété pure et simple, à l’accumulation de biens (maisons, voitures, babioles électroniques, etc.) mais aussi à un anti-écologisme forcené — dû au rythme de vie, à l’obligation de flexibilité, aux déplacements accrus… —, il n’y plus de place pour une personnalité qui ne soit pas productive et surconsommatrice.
La soumission à la marchandisation de toutes les activités humaines issues du productivisme capitaliste a conduit à la destruction de l’environnement. Elle entraîne à la fois la négation de l’individu et les bouleversements climatiques que nous connaissons.
« L’unique alternative aux apories sociales et climatiques auxquelles nous conduit, à travers ses différentes “crises”, le capitalisme concurrentiel fondé sur la propriété privée et le principe du gain financier, c’est la rupture avec le paradigme de la société productiviste », écrit encore Claude Calame.

Ont aussi participé à cette ouvrage : 
Christine Castejon : « … le capitalisme est lancé depuis plusieurs siècles dans une tentative de tordre l’humain, de vider l’humain de son humanité, mais il n’a pas remporté la partie et le voilà contraint d’admettre, parce que sa mécanique le déborde lui-même, qu’il n’est pas aussi “naturel” qu’il a tenté de nous le faire croire. » ;
Stéphanie Treillet et Jacqueline Pénit-Soria : « … il importe de saisir les implications en termes d’émancipation de la dynamique d’individualisation à l’œuvre dans l’histoire… »
Philippe Corcuff : « La conception néolibéral de l’individu n’est pas la seule possible. Face à elle, nous ne sommes pas condamnés à choisir le collectif contre l’individuel, la justice contre la reconnaissance personnelle, les biens commun contre la créativité de chacun… »
Albert Richez : « Aliment important de la face sombre de l’individualisme, le management néocapitaliste dans l’entreprise établit des organisations et des règles individualisant l’acte de travail et plaçant, de fait, les travailleurs en concurrence sans l’intermédiaire des cadres collectifs constitués par les syndicats. »

Le capitalisme contre les individus n’est pas un livre facile. Il demande une participation active du lecteur. Il le renvoi à lui-même et à sa place dans le monde social et naturel. Il le force à imaginer ce que pourrait être son émancipation — une individualité créative et non soumise aux diktats néocapitalistes, plus respectueuse des siens et de son environnement.
C’est de justice dont il est question dans cette ouvrage. Une justice sociale qui ne peut se passer d’une justice écologique. Ces deux justices ne doivent plus êtres considérés séparément. Elles sont les clés d’une nouvelle autonomie, d’une reconnaissance et d’un épanouissement individuel bafoués par les exécrables « lois » du néolibéralisme.

Le capitalisme contre les individus est un livre exigeant et passionnant.



Le capitalisme contre les individus – Repères altermondialistes, collectif, col. Petite encyclopédie critique, éd. Textuel

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