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L'écologithèque.com
LA CHRONIQUE DVD
du 09 juin 2009



Décroissance, simplicité volontaire, objecteurs de croissance, autant de termes qui inquiètent et parfois même indisposent.
Pourtant, sur une Planète dont une bonne partie de l’écosystème (60% selon un rapport récent d’experts onusiens) a été dégradée lors du siècle dernier, il serait peut-être temps de se poser la question de savoir si nos modèles économiques et industriels ne vont pas, à brève échéance, nous anéantir purement et simplement.
Le mouvement de la décroissance ne serait-il pas un mouvement lanceur d’alerte ? La simplicité volontaire est assurément un moyen efficace pour combattre la crise, la vraie — l’écologique. Plutôt que de soigner notre mal-être par la surconsommation, plutôt que d’augmenter notre poids et notre empreinte écologique, pourquoi ne pas choisir un supplément d’âme ?
Posséder n’a jamais enrichi que les vendeurs. L’idée de décroître n’est pas une forme castratrice de notre impuissance à gérer notre « maison ». Il s’agit de ré-investir notre existence pour ne pas la laisser entre les mains des marchands du temple.

Simplicité volontaire et décroissance, de Jean-Claude Decourt, chez Utopimages, donne la parole aux acteurs de la décroissance. Gens connus ou non expliquent, commentent et argumentent sur les raisons de leur choix, celui de l’objection de croissance.
Il ne faudrait pas croire que la décroissance est un retour à la peau de bête et à la bougie. Les détracteurs, ils sont nombreux et de tous bords, ont beau jeu de dire que les décroissants sont des rétrogrades. Quelle idée saugrenue que de vouloir consommer moins alors que la société nous incite à chaque seconde au cannibalisme. Manger, se manger. Mutiler son humanité en échange d’un bien.
Amasser serait un idéal ? Allons donc. La réussite sociale se jaugerait à l’aune de son compte en banque, de la marque de sa voiture, de ses habits, de la distance qui sépare son domicile de son lieu de vacances. Comme si le paraître était la condition de notre humanité.

Les décroissants de Simplicité volontaire et décroissance nous disent l’exact contraire. Pour exister, il faut partager, trouver des solidarités, échanger, consommer à son juste besoin, travailler moins pour vivre mieux.
Horreur ! Depuis des décennies qu’on nous apprend que le progrès, la croissance infinie et le déni des réalités sont les mamelles auxquelles nous devons abreuver nos ambitions. Et maintenant, il faudrait décroître ? Renoncer à sa deuxième, troisième voiture ? Mais non, ni à sa deuxième, ni à sa troisième — mais à la voiture, tout simplement.
La simplicité volontaire n’est pas une utopie, c’est une urgence. Elle ne suffira pas à elle seule. À cela devra s’ajouter une gestion « décannibalisée » de nos ressources naturelles, une répartition plus égalitaire du travail, un revenu minimum citoyen, mais aussi maximum, un ré-enchantement de nos modes de vie, etc.
Un programme ambitieux qui devrait réjouir nos neurones.

Simplicité volontaire et décroissance de Jean-Claude Decourt a, pour le moins, le mérite de combattre l’abaissement du niveau de conscience qui semble nous frapper un peu plus chaque jour.
Partout, les médias nous informent des catastrophes climatiques à travers le monde. Une majorité d’experts nous prédit un bouleversement écologique dans les années à venir. Même les politiques en causent entre deux portes. Et que faisons-nous ?
Nous construisons des autoroutes, nous finançons les banques privées pour leur éviter la faillite, nous maintenons artificiellement la tête hors de l’eau à des industries aussi polluantes que celle de l’automobile. Nous vendons du nucléaire à qui mieux mieux. Nous nous en remettons à la Science qui saura bien trouver une solution à ces « petits inconvénients météorologiques ».

Dans ce contexte suicidaire, la décroissance pourrait être une des réponses. Vivre en harmonie avec son milieu, ne pas détruire plus que nécessaire, ne pas s’abrutir dans un travail à seul fin de consommer plus, s’ouvrir aux autres…
Finalement, et comme laisse voir et entendre le film Simplicité volontaire et décroissance, décroître c’est devenir riche de soi.
N’en déplaisent à ses détracteurs, il se pourrait que la simplicité volontaire soit une idée attrayante et un mode de vie enviable, aussi bien matériellement qu’intellectuellement.

Nota bene :
il est évidemment qu’il n’est pas question de demander aux plus pauvres, par exemple à certains habitants d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’ailleurs, de décroître. Les premiers à s’y mettre devraient être les plus riches, ceux qui pèsent le plus sur notre écosystème.

Un monde à repenser en somme.



Simplicité volontaire et décroissance (réflexions), de Jean-Claude Decourt, DVD, chez Utopimages

 

Pour en savoir plus : http://www.utopimages.org




Christophe Léon

www.christophe-leon.fr


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