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LA CHRONIQUE BD
du 16 novembre 2009




Une remarquable bande dessinée, La guerre des OGM, est parue en septembre dernier chez Delcourt dans la collection Mirages.
Les auteurs, Le Galli & Mike sont parvenus en 160 pages à résumer l’essentiel sur les OGM sans tomber dans une simplification réductrice et en adoptant un ton pour le moins militant.
Les OGM, tout le monde connaît en surface, superficiellement. Nous sommes en général d’accord pour dire que nous n’en voulons pas dans nos assiettes. Mais beaucoup de rumeurs et de fausses informations troublent pourtant la compréhension que nous pouvons en avoir. Il n’est pas toujours facile de lire la presse scientifique ou les livres érudits sur le sujet (à noter néanmoins les excellents écrits et non moins excellentes conférences de Christian Vélot qui sont accessibles à tous, notamment son livre OGM Tout s’explique, chroniqué ICI).
La guerre des OGM permettra de fixer les idées et de faire tomber certaines tartuferies — notamment sur les OGM utilisés par la recherche médicale ainsi que sur les médicaments issus de celle-ci qui ne sont évidemment pas des OGM.
Une bande dessinée destinée aussi bien aux ados qu’aux adultes tellement sont propos et sa mise en scène sont pertinents et parfaitement aboutis.

La guerre des OGM commence par retracer l’historique des OGM. De la première bactérie génétiquement modifiée en laboratoire à l’université de Stanford en Californie, en passant par les souris géantes gonflées au gène de l’hormone de croissance du rat, jusqu’à la première tomate OGM Flar Savr made in USA, mise sur le marché grâce à l’autorisation de l’administration Bush the Father (dont le fils s’il n’est pas OGM est pour le moins un extraterrestre un tantinet fêlé du bretzel).
Mais aussi il est question des luttes contre les OGM, essentiellement menées par des associations et des personnes physiques. La guerre des OGM en distingue quatre: l’Américain Rifkin, le premier à avoir déclaré la guerre aux OGM ; l’Indienne Vandana Shiva qui défend les petits paysans indiens ; Ignacio Chapela Américain d’origine mexicaine et sa lutte pour le maïs criollo traditionnel ; et enfin notre José Bové national, déboulonneur de McDo’, faucheur volontaire et maintenant député européen.

Mais le grand responsable, celui que La guerre des OGM stigmatise à juste raison, est la firme Monsanto — et sa volonté hégémonique, ses pratiques commerciales, publicitaires et de lobbying d’une agressivité rare.
Parce qu’il s’agit bien d’une guerre. Un guerre pour le pouvoir alimentaire, celui qui permettrait de détenir entre ses mains le sort de millions d’hommes et de femmes à travers le monde. Une guerre globale et marchande qui se chiffre en milliards d’euros/dollars/yens de bénéfices. Une guerre qui tue et affame. Une guerre qui dévaste la Planète. Une guerre sans merci contre la biodiversité et la Nature.
Les auteurs de La guerre des OGM ne s’y sont pas trompés. Leur cible est la bonne. Ce qu’ils illustrent au fil des pages, c’est, si l’on n’y prend garde, que le vivant (végétal et animal, humain compris) sera l’objet d’un brevet appartenant à une firme, un groupe d’actionnaires ou d’investisseurs. Bientôt nos fils et nos filles répondront aux doux prénoms de Monsento ou Pioneer. Soja, Colza, coton, maïs sont les armes de ces grands semenciers manipulateurs de gènes qui ne reculent devant rien pour augmenter leurs profits immédiats.

La guerre des OGM sera un support idéal sur lequel le monde éducatif pourra s’appuyer. L’information peut ainsi être diffusée de façon plaisante mais rigoureuse, le débat peut-être lancé dans les classes. Les professeurs de SVT devraient s’emparer de cette BD, les CDI l’avoir dans leurs rayonnages.

La guerre des OGM
est incontestablement une réussite.



La guerre des OGM, de Le Galli & Mike, album BD, collection Mirages, éd. Delcourt 

Pour en savoir plus : http://www.editions-delcourt.fr




Christophe Léon

www.christophe-leon.fr


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