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L'écologithèque.com
CHRONIQUE LIVRE
du 12 mai 2010





Et si la solution au problème du prochain épuisement des ressources pétrolières se trouvait dans la résistance individuelle à travers une conscience collective de la valeur d’usage. Si, pour sortir du tout pétrole, la désobéissance civique était un des moyens de garantir une autonomie énergétique tant au niveau de la personne que de la collectivité. Si l'insubordination face aux diktats des grands groupes pétroliers et des divers gouvernements inconséquents nous permettait de sortir de l’ère du plastique et de la bagnole. Si nous mesurions, à chaque fois que nous devons prendre la voiture, notre impact personnel sur l’écosystème. Si nous décidions de moins l’utiliser ou seulement quand cela s’avère strictement nécessaire. En résumé, si nous étions responsables de nos choix peut-être que nous nous en porterions mieux, et la Planète aussi.
Le film La fin de l’énergie noire, d’Yves Entenich chez Real Productions, est un documentaire atypique en cela qu’il explore un domaine laissé dans l’ombre parce que dérangeant: l’action individuelle de résistance face au rouleau compresseur de l’industrie pétrolière.

Gazogène, huile de colza, de tournesol, animale, autant de moyens de faire tourner un moteur. Autant de possibilités de sortir du piège économique, politique, environnemental et social qu’est le pétrole.
Yves Entenich filme des gens ordinaires qui ont tenté et tentent toujours d’apporter une réponse concrète et immédiate au tout essence. Ils sont plus nombreux que l’on croit. Partout en Europe, des consomm’acteurs cherchent des solutions qui ne soient celles de la globalisation et de la marchandisation du monde. Bien souvent poussés à entrer en dissidence, ils alimentent leurs véhicules au bois et à l’huile. L’exemple de ce marin pêcheur qui a remplacé le gasoil pour son bateau par de l’huile animale issue des déchets de poissons. Une manière économique, environnementale et judicieuse financièrement de répondre aujourd’hui à l’échéance d’un futur monde sans pétrole ainsi que de participer à la sauvegarde de la Nature.
Autre exemple : la Communauté des communes de Villeneuve sur Lot et son Président qui ont opté pour que des véhicules communaux roulent à l’huile végétale, relocalisant ainsi l’énergie et permettant à des agriculteurs de diversifier leurs productions. Gagner son indépendante énergétique est aussi une question de volonté politique. Résister aux pressions et au pouvoir central est un acte citoyen. Doit-on attendre que le pétrole soit taxé à 99,9 % ou bien qu’il soit réservé à une élite parce que rare pour agir ?

La fin de l’énergie noire nous montre des hommes et des femmes qui ont fait le choix remarquable de résister. Leurs actions s’inscrivent dans un plus vaste contexte. Il s’agit de savoir ce que nous voulons pour nous, aujourd’hui, et pour les générations de demain. Il ne suffit plus d’agir symboliquement mais concrètement.
À un moment où des centaines de litres de pétrole se déversent dans la mer à la suite de l’explosion d’un site de forage off-shore au large des côtes américaines, où la pollution atmosphérique due aux rejets de nos activités industrielles et à nos modes de transport modifie profondément le climat, le passage d’une civilisation du gaspillage énergétique et de la dépendance à l’énergie noire à une société de l’usage et la modération devient un droit et une nécessité.
Ce dont nous parle La fin de l’énergie noire  n’est pas le fait de quelques marginaux idéalistes, mais bien d’une ré-appropriation de nos droits de citoyens à prendre en main la destinée de chacun et de tous. L’ère du pétrole touche à sa fin, ne laissons pas l’intérêt particulier et le profit immédiat se substituer à celui du bien collectif. Les solutions sont nombreuses, diverses et plurielles. La fin de l’énergie noire explore quelques pistes.



La fin de l’énergie noire
, d’Yves Entenich, DVD, éd. Real Productions


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