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CHRONIQUE LIVRE
du 8 septembre 2010




« La chasse est responsable de 33 % des extinctions animales. […] Les chasseurs ne veulent que chasser, c'est-à-dire tuer, le plus d’espèces possibles, le plus longtemps possible, avec le plus de moyens possibles. […] Pourrait-on vivre sur une planète où il n’y aurait plus d’animaux, plus d’arbres, plus de rivières, seulement des tapis roulants et des écrans de télé ? C’est pourquoi les chasseurs qui constituent une espèce de lobby contre la nature doivent être combattus avec détermination. C’est bien un problème politique. »
Armand Farrachi (à l’occasion d’un entretien avec David Chauvet) dans Pour la séparation de la chasse et de l’État, publié par Droits des Animaux, n'y va pas par quatre chemins et explique ce qui motive son combat et son engagement contre la chasse et les chasseurs.
Son plaidoyer pour la cause animale (vous savez, ces petites et grosses bestioles à plumes ou à poils qu’une milice en arme tue, ou encore blesse et achève dans l’odieuse pratique de ce que ses membres nomment un loisir ou une distraction ou plus hypocritement une tradition, comme si tuer et torturer étaient un divertissement comme un autre…), sa défense donc de la cause animal, est juste, pertinente et sans concession.

Il est étonnant qu’une minorité privilégiée, jouissant du droit de mort (le droit à la vie ne leur effleurant même pas la conscience), de porter des armes (à jeun ou pas), puisse représenter un tel poids auprès de nos « élites » politiques, et faire à peu près ce qui lui chante. « On peut parler de la représentativité des chasseurs. Dans l’économie, leur rôle est nul. Ils sont 1.300.000 environ et représente 2% de la population. 2% des Français s’approprient donc la faune sauvage, qui n’appartient à personne, et pour la détruire. » Étonnant ?
Pas tant, si l’on sait que les chasseurs sont présents en nombre disproportionné dans les conseils municipaux, généraux, régionaux et ceci jusqu’au niveau ministériel. Ils sont aussi à la tête de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (bizarrerie qui lie la faune sauvage et la chasse qui la détruit). « La nature doit être confiée à ceux qui la protègent et non à ceux qui la détruisent », dit avec raison Armand Farrachi.
En vérité, l’État (chasseur lui-même avec les Chasses présidentielles par exemple) est gangrené par la chasse et ses affidés ; et A. Farrachi de remarquer : « Nous vivons plutôt sous une dictature agro-cynégétique FNSEA+Fédérations de chasse), car ces eux mondes font bon ménage. » Ces chasseurs-là ne veulent aucune limitation. Ils parlent de défense des libertés (de tuer) et de traditions (comme l’est la corrida pour certains).
Cette minorité investit l’autorité de l’État, voilà pourquoi Armand Farrachi propose de séparer la chasse de l’État, ce qui pour lui à un sens très précis : « Personnellement, j’attendrais l’abolition pure et simple de toutes les formes de chasse et de piégeage. »
On le voit avec Pour la séparation de la chasse et de l’État, A. Farrachi ne craint pas de se faire des inimitiés.

« La protection des espèces et la chasse sont incompatibles. Voilà une vérité à retenir. Dans les pays où la protection de la faune est primordiale, au moins pour des raisons économiques (comme au Kenya, où le tourisme animalier constitue la première ressource), la chasse est interdire. »
Quand on sait que chaque jour des animaux protégés sont abattus par des chasseurs mal informés ou pire, on peut comprendre que donner à ces personnes un droit de soi-disant régulation des espèces est en contradiction complète avec le simple bon sens.
Sans compter la pollution engendrée par la chasse. Les chasseurs déversent à eux seuls environ 12.000 tonnes de plomb dans la nature chaque année. Sans parler, même si c’est plus anecdotique, de leur déplacement en véhicules motorisés dans les prairies, les bois et les forêts, ou encore du danger (bien réel et pas anecdotique celui-ci) qu’ils créent par leur présence pour les randonneurs ou les promeneurs.
« On ne peut plus prendre la nature pour un stand de tir à la cible vivante. On ne peut plus défendre une culture de la violence. » s’insurge A. Farrachi. Comment ne pas être d’accord avec lui ? Il suffit de réfléchir un instant et de se dire qu’au 21e siècle il existe encore des hommes armés qui se baladent en liberté et en toute impunité — pourquoi ? Pour tuer des animaux pour le plaisir… 

Pour la séparation de la chasse et de l’État est à lire comme un cri, un appel à la raison et à la justice.
La chasse n’est ni un sport, ni une tradition, ni un droit. La chasse est la dernière féodalité contemporaine. Elle est la honte de notre société occidentale dite « civilisée », mais aussi sa dernière lâcheté.



Ps : Le dernier livre d'Armand Farrachi, Une semaine chez les ours, a été chroniqué sur l'Écologithèque ().
David Chauvet a participé à la rédaction du livre La raison des plus forts, chroniqué aussi sur L'Écologithèque ()



Pour la séparation de la chasse et de l’État, Armand Farrachi, entretiens avec David Chauvet, publié par Droits des Animaux

Pour en savoir plus : http://www.droitsdesanimaux.net

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