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CHRONIQUE du 26 avril 2011








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« Nous vivons sur une planète finie : les ressources fossiles ne sont pas éternelles et les déchets s'accumulent. L'impact des activités humaines sur l'environnement est tel que ce sont les hommes qui pilotent désormais majoritairement la composition de l'atmosphère. [...] Sommes-nous capables de faire les bons choix, de privilégier le bien commun par rapport aux plaisirs individuels ? »
Les enjeux du changement climatique sont si considérables, les bouleversements en cours si écrasants que certains décideurs politiques, certains « spécialistes », préfèrent encore les nier en bloc. Ce sont nos comportements, notre économie et nos modes de vies qui, à terme, devront changer. L'ère de la croissance, du développement exponentiel, du productivisme néo-libéral est révolu. Le livre de Valérie Masson-Delmotte, Climat le vrai et le faux, paru aux éditions Le Pommier dans la collection Manifeste ! expose, le plus clairement possible, les défis auxquels nous allons devoir faire face pour nous adapter et, si possible, répondre aux changement climatique en cours — défis scientifiques et défis politiques.

La science d'abord, qui doit comprendre et analyser à l'échelle planétaire mais aussi régionale les mécanismes climatiques afin de les modéliser et prévenir aussi finement que possible le changement climatique en marche. L'une des constatation qui ne laisse plus de doute est que l'activité humaine « entraîne une augmentation des teneurs en gaz à effet de serre dans l'atmosphère, qui modifient l'équilibre radiatif de notre planète... » Nous injectons — depuis plus d'un siècle — des quantités astronomiques de GES dans l'atmosphère. Les pays industrialisés sont les premiers responsables, qui rejettent « … un cocktail de composés à effet de serre, qui reste sans équivalent à l'échelle géologique. »
Pour prévoir, il faut comprendre. C'est ce à quoi Valérie Masson-Delmotte s'attache dans la première partie de Climat le vrai et le faux. Et comprendre, c'est aussi admettre l'irréversibilité des activités humaines sur le climat. « À notre connaissance, les effets dus à l'activité humaine ne sont donc pas réversibles à court terme... » L'utilisation des énergies fossiles influe et influera sur le climat sur une période longue, de plusieurs centaines d'années. L'impact est et sera autant global que régional. Si le dogme de la croissance n'est pas abandonné, il y a de fortes (mal)chances que nous léguions aux générations futures une Planète invivable.
C'est bien la raison économique à court terme qui s'oppose à la raison écologique à long terme.

Pour répondre à ce défi scientifique, il faut impérativement changer notre modèle de société, et c'est cet enjeu politique dont il est question dans la seconde partie de Climat le vrai et le faux. « Il s'agit de repenser le modèle de développement non par une approche théorique, mais par une approche très pragmatique. Cela demande finalement de mettre une forme de morale, de responsabilité dans les actions au quotidien, la mesure de notre responsabilité étant le volume des rejets de gaz à effet de serre. Nous devons nous interroger sur ce qui nous est indispensable et ce qui est superflu, distinguer ce qui est essentiel et ce qui relève du caprice. »
La vision écologique est une vision morale, ce qui n'est pas le cas de la vision économiste basée sur l'argent et l'amoncellement de biens matériels et même symboliques.
Il va falloir faire des choix. L'un des premiers étant d'arrêter de sur-consommer. Notre Planète est finie, ses ressources sont épuisables. Consommer, nous développer, exploiter sans restrictions n'est plus envisageable, au risque de détruire notre unique vaisseau. La réduction des GES passe inéluctablement par un changement de comportement, une rationalisation des transports, des échanges internationaux et au-delà par une refonte des mentalités.
Le système capitaliste est mort mais la bête bouge encore. Il est impératif de changer de modèle en nous adaptant aux nouvelles conditions climatiques qui sont le résultat de notre activité dévoreuse de Planète et d'humains. Une activité qui n'est plus ni soutenable écologiquement, ni  acceptable socialement.

En conclusion, Valérie Masson-Demotte écrit : « Le changement climatique pose de formidables défis scientifiques, énergétiques, politiques, technologiques, économiques. Il remet en cause les schémas de développement précédents et beaucoup de conservatismes. Pour répondre à ces défis, il nous faudra êtres humbles, créatifs, innovateurs, solidaire et courageux. »
Climat le vrai et le faux a le mérite d'apporter, autant qu'il est possible, un éclairage sur les enjeux écologiques présent et à venir.

Climat : le vrai et le faux, de Valérie Masson-Delmotte, coll. Manifeste !, éd. Le Pommier

Pour en savoir plus :



Christophe Léon
www.christophe-leon.fr




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Le site de Christophe Léon, animateur de L'Écologithèque

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