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L'écologithèque.com
CHRONIQUE DVD
du 8 septembre 2010




Le Bangladesh,  la mer d’Aral, le Kenya, trois régions du monde où l’eau est un problème. Trois régions, trois climats, trois quotidiens que nous propose de partager le film documentaire Un monde sans eau ?, de Udo Maurer, chez Floris films.
Rien de spectaculaire dans ce document, pas d’effets catastrophiques, pas de volonté d’en rajouter, mais simplement la vie — ou plutôt la survie.
La force de ce film est due pour l’essentiel au parti pris de la réalisation. Les explications se résument à des incrustations dans l’image au début et à la fin de chacune des trois séquences. Pas de voix off non plus, ce sont les habitants des pays qui parlent de leurs conditions d’existence, du manque d’eau, des inondations, de la difficulté de subsister, de s’approvisionner ou de travailler dans ces situations extrêmes.
L’étonnant aussi c’est que nous n’apprenons rien pour ce qui concerne les données scientifiques — mais nous les connaissons et elles sont de notoriété publique maintenant. Inondation au Bangladesh. Disparition de la mer d’Aral. Manque d’eau chronique en Afrique. Le sujet du film n’est pas tant le climat, les dérégulations ou la dénonciation de  l'ingérence humaine dans les cycles naturels. Non, le centre du documentaire est justement l’homme, qui subit en tentant de s’adapter dans son quotidien aux problèmes liés à l’eau. Comment des gens simples, courageux et obstinés parviennent à composer avec une existence parfois à la limite du supportable.
Pour nous occidentaux qui n’avons qu’à ouvrir un robinet pour que l’eau coule, se rendre compte combien nous sommes des privilégiés peut s’avérer salutaire.

Avoir de l’eau potable n’est pas chose naturelle. Le savoir virtuellement, par les livres, les infos et autres n’est pas suffisant.
Un monde sans eau ? nous donne l’occasion de nous en rendre compte de visu. De nous sentir parfois mal à l’aise devant ces images d’hommes et de femmes qui, au Kenya, consacrent une partie de leur journée à marcher des kilomètres pour se ravitailler en eau. Ou encore ces habitants du Bangladesh qui doivent déplacer leurs maisons au rythme de l’avancée de l’eau lors des moussons. Toujours au Bangladesh, comment ne pas réagir devant ces images de terres meubles qui se détachent, tels les blocs de glace des Pôles, sous l’effet de l’érosion et de l’envahissement de la mer. Et aussi, comment ne pas être consterné devant les conséquences de l’imbécillité humaine qui, pour cultiver des milliers d’hectares de coton, détourne le cours des deux fleuves qui alimentaient la mer intérieure d’Aral, l’asséchant quasi complètement.

Dans la présentation de Un monde sans eau ?, il est écrit : « Ce documentaire montre comment des populations démunies doivent lutter contre une nature chaque jour plus hostile, dans le seul but de survivre dans une misère croissante. » Il me semble que la Nature n’est ni hostile ni accueillante — elle est. Son caractère principal n’est pas de plaire ou non à l’homme, mais de favoriser la vie et sa création.
Un monde sans eau ? montre comment l’homme par son intervention, son manque de solidarité, de prévoyance ou sa soif du profit peut se faire du « mal » à lui-même.
L’eau est un bien commun universel. L’accès à l’eau potable devrait être garanti à tous. Elle ne devrait pas être marchandisée pour le seul bénéfice des actionnaires des grands entreprises transcontinentales. Vitale comme l’air que l’on respire, elle ne devrait pas être gaspillée, polluée ou détournée. Dans nos pays favorisés, le mésusage de l’eau (golfs, piscines privées, arrosages intensifs…) devrait être fortement taxé, voire dans certains cas prohibé.

Un monde sans eau ? est un film documentaire d’une grande qualité humaine. À voir et à faire voir.


Un monde sans eau ?, de Udo Maurer, DVD, Floris films distribué par Les films du paradoxe

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