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L'écologithèque.com
CHRONIQUE LIVRE
du 3 novembre 2010




« En 1999, l’aigle de Bonelli a été inclus dans la sinistre liste des espèces menacées d’extinction en France. Son mode de vie lui permettra-t-il de survivre ? Quelles menaces pèsent sur lui ? Quelles actions sont menées dans le but de permettre à cette espèce de demeurer dans le sud-est de notre pays ? »
La biodiversité et la question de la sixième extinction de masse sont très à la « mode » ces temps-ci. Discours, année de la biodiversité, intentions, explications pédagogiques… bref tout un arsenal est mis en œuvre pour comprendre le phénomène.
Parce qu’il est plus aisé de parler de la diversité environnementale, et des atteintes qui lui sont portées, que de la toucher du doigt sur le terrain, des livres comme celui de Rozen Morvan, Vivre avec l’aigle de Bonelli, aux éditions Hesse, présentent l’avantage certain de nous transporter in situ et de montrer dans sa réalité l’effondrement de la biodiversité et la disparition des espèces animales.

Vivre avec l’aigle de Bonelli est d’abord ce qu’on appelle un « beau livre ». Les photographies de Frédéric Larrey et Thomas Roger sont splendides. Elles nous mènent à la fois au cœur d’un paysage extraordinaire, sauvage et encore par endroits préservé de l’agriculture intensive, d’une urbanisation galopante et d’un tourisme ravageur quand il n’est pas respectueux des lieux et des écosystèmes.
L’aigle de Bonelli voit depuis des dizaines d’années sont espace vital se réduire et ses conditions de vie (habitat, alimentation…) perturbées. « La persécution des adultes est la menace la plus importante : mort due à des électrocutions, à des tirs de braconniers, à la collision contre des câbles électriques… »
Vivre avec l’aigle de Bonelli dépeint la biologie de ce rapace : reproduction, chasse, aiglons et émancipation. Il décrit aussi le plan national d’action mis en place pour assurer sa sauvegarde et son maintien sur sa zone naturelle de vie. Une action qui étudie la dynamique de la population par des campagnes de baguages qui ont lieu deux fois par an.
La prise en compte de la fragilité de l’espèce est aussi une donnée cruciale de son maintien. « Une préservation à long terme ne peut être menée à bien par les seuls spécialistes d’une espèce : ceux qui vivent dans son voisinage doivent être conscients qu’elle est un élément de leur patrimoine. » Tant il est vrai que nous ne sommes pas extérieurs à la Nature mais que nous en sommes. L’aigle de Bonelli, ainsi que toutes les espèces animales et non-humaines, est une des composantes essentielles du biote et, en conséquence, doit être protégé.

Vivre avec l’aigle de Bonelli nous livre un peu de cette biodiversité que nous mettons à mal et dont nous n’avons pas toujours conscience.
Parce que nous sommes dominés par le monde matériel et marchand, parce que nous sommes devenus les objets des objets, de la technique, des médias, de la société du spectacle et du productivisme qui font de nous des êtres « dé-naturés », des ouvrages comme Vivre avec l’aigle de Bonelli nous (r)éveillent au monde réel et à la Nature.

À s’offrir et à offrir.


Vivre avec l’aigle de Bonelli, de Rozen Morvan, éd. Hesse

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