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Chronique du 17 mai 2011








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« L'écologie n'est pas un fait de société parmi d'autres […] c'est l'expression de la situation objective dans laquelle se trouve l'humanité. Ce sont les contraintes écologiques et non les désirs humains qui délimitent le champ des possibles. […] l'enjeu des révolutions qui s'annoncent n'est pas d'abord de rendre la société meilleure, mais de la rendre viable. […] Face à la crise écologique, il ne peut y avoir de sortie que par le haut, par un surcroît d'humanité. »
Pour une raison écologique, de Bernard Perret, paru aux éditions Flammarion, est le livre de la critique d'une certaine raison, celle de l'économie dominante, de la marchandisation de la Nature qui permet à un système dit de « libre échange » de profiter des ressources naturelles gratuites tout en ignorant le service qui nous est rendu et dont nous sur-profitons. Cette raison économique qui méconnaît les droits des générations futures à vivre sur une Planète viable. Une raison économique qui n'a pas de sens et dont les valeurs se résument à un seul mot : profit.
Dans son essai, Bernard Perret plaide pour une autre raison. La raison écologique qui seule est en mesure de donner les moyens et les outils pour faire face aux bouleversements environnementaux dont les activités humaines sont incontestablement les responsables.
Il est urgent de mettre la Nature au cœur de nos préoccupations et de sortir des schémas idéologiques qui régentent notre économie mortifère.

Dans un premier chapitre intitulé Le règne de l'inconséquence, l'auteur dresse le portrait d'une raison économique irresponsable et de l'illusion d'une croissance verte qui serait le moteur d'un développement durable mais qui, bien au contraire, est un écran de fumée servant à cacher les vraies responsabilités, celles des industrielles et des producteurs de biens de consommation dans la dégradation de l'environnement. «  C'est à eux qu'il revient de concevoir des objets qui durent plus longtemps, faciles à réparer, fabriqués à partir de composants biodégradables ou réutilables et commercialisés dans des emballages moins volumineux. »
Notre société est d'abord celle de l'obsolescence programmée et du gaspillage généralisé.
Il s'agit aussi pour Bernard Perret d'ôter les « œillères de la pensée économique ». De changer de mode de penser et d'agir. De donner d'autres représentations de la réussite individuelle et collective, une autre image de la richesse et de son partage. « La crise écologique est la conséquence directe d'une manière erronée de concevoir la richesse et nul ne peut nier la responsabilité des économistes dans cette erreur. » Ce sont les modèles qu'il faut changer et la rationalité des acteurs économiques.
Plus loin, l'auteur met l'accent sur le court-termisme de l'État et son « incapacité à prendre le défi écologique à bras-le-corps », qui, écrit-il, est la « conséquence de faiblesses constitutives de la démocratie participatives. » Les institutions ne sont pas à la hauteur des enjeux et les politiques publiques — il ne faut pas être un éminent économiste pour s'en rendre compte —, qui ne reflètent pas ou si peu la réalité de la crise écologique majeure que nous traversons.
Dans deuxième chapitre d'« une tonalité plus philosophique » Bernard Perret s'attache à définir le changement social qu'induit une économie vraiment durable et respectueuse de l'Homme et de la Nature. Il fait appel au « Principe de responsabilité » et à « … l'obligation d'agir pour préserver les chances d'une vie consciente sur la Terre. »
Il s'agit d'appliquer un principe qui s'impose à nous, celui de la réalité incarnée par l'écologie. À terme, c'est celui-ci qui guidera notre action et créera une autre richesse. Bernard Perret fonde la raison écologique sur notre volonté de durer en tant qu'espèce et sur le sens de l'avenir qui remplace « l'ancienne foi dans le progrès et la croissance. »
Dans Éléments d'un nouveau cadre de rationalité, le dernier chapitre, l'auteur s'intéresse aux changements nécessaires, aux normes régulatrices et aux manières de raisonner afin d'aboutir à une société durable, solidaire et respectueuse de la Planète.
Chaque entrée est une proposition, un moyen d'agir et un espoir : « Instituer les droits des générations futures » ; « Se mettre à l'école de la nature » ; « S'engager dans la voie de la démarchandisation » ; etc. Autant de propositions qui forment un programme et une raison — une chance pour s'émanciper d'une économie engluée dans une vision à court terme et dans un système qui nous mène à notre perte.
C'est bien une nouvelle manière d'appréhender la réalité que suggère Bernard Perret — sous l'angle de la raison écologique, du bien-être libéré de la marchandisation et de l'accumulation matérielle.

Pour une raison écologique est un livre-programme, un livre qui allie économie, sens et philosophie et qui incite chacun d'entre nous à faire de l'écologie sa préoccupation centrale.

Pour une raison écologique, de Bernard Perret, éd. Flammarion

Pour en savoir plus :



Christophe Léon
www.christophe-leon.fr




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