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L'écologithèque.com
LA CHRONIQUE LIVRE
du 16 septembre 2009




« … l’utilisation de médicaments chimiques pour se soigner pose les mêmes problèmes que l’utilisation des pesticides. »
« Une médecine écologique serait une pratique de soin capable de prendre en compte l’ensemble du système traité, statique, organique, émotionnel, et en agissant de la façon la plus subtile possible. »
Il est des livres dans lesquels on entre avec des pincettes. Notamment ceux qui prônent une médicine alternative ou dite naturelle. On s’attend à des recettes du style : se balader les fesses à l’air un jour de gelée en psalmodiant une phrase telle que « Merci, Mère Nature de bien vouloir me guérir des hémorroïdes. » Ou bien, peut-être, jeûner durant 365 jours et boire de l’eau fraîche pour perdre du poids. Ou encore, regarder un pendule 24 heures consécutives dans l’espoir de ne plus loucher. Bref, des livres à dormir debout et à brouter de l’herbe.
Qu’on se rassure, Pour une médecine écologique, de Christian Portal aux éditions Alphée/Jean-Paul Bertrand, n’est pas un de ceux-là, loin s’en faut. Ce n’est ni un livre de recettes miracles, ni une apologie des médecines alternatives. Il s’agit davantage d’un essai, d’une somme de recherches et d’études en ce qui concerne la médecine occidentale, allopathique et souveraine d’un côté, et celle dite non-conventionnelle de l’autre (de l’homéopathie, en passant par la chiropractie, l’ostéopathie la naturopathie, etc.) Christian Portal s’appuie sur des études, cite ses sources, propose au lecteur de se faire une idée par lui-même. Bref, ce n’est jamais à partir d’à priori que l’auteur dresse le portrait de la médecine occidentale, de ses dérives et de sa sujétion aux grands groupes technologiques et pharmaceutiques. Une photo à un instant T de ce qu’est notre rapport à la santé et de ce qu’il devrait peut-être devenir dans un futur proche.

D’emblée, Christian Portal rapproche, non sans bon sens, la médecine et ses traitements chimiques aux excès de l’agriculture intensive. Le rapport n’est pas anodin et il alimente tout cet essai.
« En effet, à partir des années 50 et pour les mêmes raisons que les médecins, toxicité, résultats insuffisants, avec en prime pour les agriculteurs des problèmes de santé causés par l’usage des produits chimiques, un petit nombre d’entre eux se sont orientés vers l’agriculture biologique. » Autant, et de plus en plus, devenons-nous conscients que nous sommes ce que nous mangeons, autant nous continuons à ingurgiter nombre de médicaments sans nous poser la moindre question. Notre comportement ne serait-il pas, vis-à-vis de notre santé, perturbé par la masse d’informations à sens unique qui nous est délivrée par les médias, les instances médicales et les pouvoirs publics ? Ne devrions nous pas, avant de confier notre santé à un praticien, savoir de quoi on parle, sur qu’elle base nous souhaitons être soignés, et du stade de consommateur passer à celui de responsable de notre santé ?
Les exemples sont légion dans le domaine de la sur-information « tendancieuse » comme le note l’auteur : « … les médias, qui nous rappellent à chaque saison propice qu’il faut se faire vacciner contre la grippe ou prendre des traitements antiallergiques, ou surveiller tel ou tel paramètre biologique. Ils participent à une démarche anxiogène tout à fait préjudiciable à la santé mais parfaitement adaptée à la soumission du peuple au dieu de la médecine. »
Il étaie sa démonstration sur quantité de rapports, analyses et conférences de médecins, biologistes, chercheurs, praticiens. Ces affirmations ne sont jamais gratuites, elles tendent à amener le lecteur à réfléchir et à se faire une opinion.
Notamment en ce qui concerne les vaccins, un sujet délicat qui occupe dans Pour une médecine écologique une place essentielle. « Comme pour n’importe quelle action thérapeutique, il ne suffit pas de savoir si les vaccinations sont efficaces, il faut aussi et surtout s’assurer qu’elles sont sans effets secondaires. »
Christian Portal argumente autour des dangers de la vaccination, donne des exemples, notamment celui du vaccin contre l’hépatite B, qui font froid dans le dos.

À chacun de se faire une idée et non pas une religion… Trop souvent, on entend par exemple : « Moi, je ne crois pas à l’homéopathie.» Comme si la croyance avait une quelconque raison d’être quand il s’agit de santé.
Il est temps de se défaire de la pensée unique : « Bien entendu, on aura compris que cette pensée unique sert des intérêts économiques colossaux. » La médecine capitaliste domine notre société. Par capitaliste, entendons profits. Ces profits colossaux servent-ils à l’amélioration des traitements ? Quels sont les résultats obtenus par les laboratoires et les médicaments qu’ils commercialisent ? Ces traitements soignent-ils ? Pour une médecine écologique traite aussi de ce sujet et démontre que la réalité n’est pas toujours celle qu’on voudrait nous faire accroire.

« … traiter l’individu dans son ensemble social, géographique, climatique et faire en sorte que la compréhension des troubles de la santé intègre l’ensemble des fonctions du corps. » L’auteur insiste sur le fait que la pensée écologique est une pensée systémique, que rien ne peut exister séparément. En appliquant cette idée forte à la médecine dite moderne, nous devrions adopter une approche différente de la santé. Alors, l’affect du patient serait pris en compte autrement et ce dernier ne serait pas traiter comme un gobe-pilule ou un avale-potion.
Faire entrer un peu d’humanisme dans les pratiques médicales serait déjà une grande avancée. Et de rappeler la loi Kouchner de 2002 : « … la loi Kouchner précise que les traitements doivent faire l’objet d’un consentement éclairé. Sur ce point, il est clair qu’on ne peut plus imposer à quiconque un traitement qu’il refuse, pas plus qu’une mesure sanitaire à visée thérapeutique (vaccins). »

Pour une médecine écologique est un livre que tout patient devrait avoir lu, et pas seulement pour les pratiques dites non-conventionnelles qui sont listées dans les derniers chapitres. C’est un livre érudit. Des questions y sont posées. À nous d’y trouver des réponses appropriées. Prendre en charge notre santé, comme nous commençons à prendre en charge notre alimentation, voilà un des projets de ce livre.


Pour une médecine écologique, de Christian Portal, éd. Alphée / Jean-Paul Bertrand 

Pour en savoir plus : http://www.editions-alphee.comhttp://www.medecine-ecologique.info


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Recension :

Un livre que tous les professeurs d’économie et de commerce devraient lire et proposer à leurs étudiants.
Les auteurs nous invitent à réfléchir sur les enjeux d’un commerce équitable qui se veut humaniste et une alternative au commerce traditionnel (autrement dit capitaliste et inéquitable, ce qui pourrait se rapprocher de ce qu’est l’agriculture biologique face à l’agriculture chimique : un espoir).
Quel commerce équitable pour demain ?, sous-titré Pour une nouvelle gouvernance des échanges, s’attache aussi à définir les conditions de ce commerce, sa place au sein de la société et la nouvelle forme de lien social qu’il tend à construire.
Cet essai fouillé et très documenté explore un domaine qui prend chaque jour de l’ampleur, faisant du consommateur un citoyen et un acteur. Un moyen de savoir ce qu’on achète, à qui et dans quelles conditions. Un moyen aussi de prendre en charge notre avenir, de sortir des supermarchés, de la malbouffe et de faire de notre pouvoir d’acheter un acte militant.

Quel commerce équitable pour demain ?, de Corinne Gendron, Arturo Palma Torres & Véronique Bisaillon,  éd. Charles Léopold Mayer 

Pour en savoir plus : http://www.eclm.fr & http://www.crsdd.uqam.ca



Christophe Léon

www.christophe-leon.fr



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