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L'écologithèque.com
LA CHRONIQUE DES REVUES
du 30 novembre 2009




Je ne connaissais pas cette toute nouvelle revue (on peut encore le dire avec trois numéros publiés) : RAVAGES. Mais je ne regrette pas de l’avoir, un matin, trouvée dans ma boîte aux lettres, de l’avoir d’abord feuilletée avant de la lire du début à la fin.
Son opus automnal est intitulé Adieu bel animal. Il y sera beaucoup question d’animaux, d’éthique, de boucherie, de requins, de Jules Michelet, de blattes, de pets, de loup, de souris, de porcins et… d’hommes.
Des textes originaux, souvent décapants et toujours prégnants. Une littérature philosophique, critique, politique et savante de l’animal, de notre relation à l’animal, de son exploitation, de nos peurs, de nos « massacres » et bien davantage encore.

Voici une sélection d’articles de ce que vous lirez dans RAVAGES 3 :

Extension de la communauté des égaux, l’article de Christoph Anstötz engage le débat d’une façon qui ne manquera pas de provoquer les bien-disants et autres bien-pensants qui saturent de leur logorrhée conformiste les médias en nous assurant que l’homme est supérieur à la bête. « L’auteur, psychologue cognitif, compare explicitement les capacités intellectuelles des grands primates avec celles des handicapés mentaux. Il trouve les capacités des singes plus développées… »

Bêtes de somme, de Jocelyne Porcher, éclaire sur les pratiques de l’élevage intensif et fait le parallèle entre le management des êtres humains et des animaux. France Télécom une porcherie industrielle ? « Humains, veaux vaches ou cochons, nous sommes tous pris dans le même processus de destruction de la subjectivité et du nivellement violent de l’individu au travail. Testé sur l’homme, testé sur l’animal. »

Avec toi, j’aime grouiller, de Frédéric Joignot, nous convie dans le petit monde grouillant de la blatte, autrement nommé le cafard. Et si cette petite bête nous survivait et nous remplaçait un jour prochain dans un monde où l’homme aurait disparu, victime de son consumérisme et de sa rapacité à détruire son nid, la Planète… « Les Français l’appellent blatella germanica… La vermine vient toujours chez les autres… Sans blatte, la culture serait niaise. »

Boulimie de viande, de Fabrice Nicolino, nous rappelle cette évidence que notre société (celle des pays "développés", environ 20 % de la population mondiale) « carnassière » et « carnivore » semble avoir oublié ou bien ignore pour des raisons de commodités : « La viande, c’est la famine. » Son nouveau livre aux éditions Les Liens qui Libèrent, Bidoche, l’industrie de la viande menace le monde, devrait faire dans les semaines à venir l’objet d’une chronique sur L’Écologithèque.

De nombreux articles, tout aussi éclairants que ceux cités plus haut, composent ce N°3 de RAVAGES. Les illustrations (Di Rosa, Darbois, Delwoye, Pradel-Freysse…), œuvres d’artistes de talents, ne gâchent pas notre plaisir, bien au contraire.

RAVAGES
ne manquera pas d’attirer l’attention de ceux qui se refusent à penser comme on les (bêtes de) somme.

RAVAGES 3, automne 2009, revue trimestrielle, éd. Descartes & Cie — 12 € 

Pour en savoir plus : http://www.editions-descartes.fr


Christophe Léon

www.christophe-leon.fr


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