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CHRONIQUE du 28 février 2011








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« … les changements de l’environnement, graduels ou abrupts, vont engendrer des ruptures d’équilibres naturels, ruptures qui vont se traduire par une série d’impacts physiques. Ceux-là vont ensuite avoir des conséquences sur des ressources naturelles, entraînant des bouleversements importants pour les sociétés humaines. »
Ce constat de Laurence Tubiana, François Gemenne & Alexandre Magnan — auteurs de Anticiper pour s’adapter sous-titré Le nouvel enjeu du changement climatique, dans la collection Les Temps qui Changent des éditions Pearson — n’est pas seulement une façon de nous alerter sur les risques encourus, mais c’est avant tout la raison principale pour laquelle il est urgent d’anticiper ce bouleversement, simultanément aux efforts de prévention et d’atténuation qui sont la partie la plus visible et médiatisée de la lutte contre le changement climatique.
Changement (il n’est jamais inutile de le préciser) dû incontestablement aux activités humaines depuis plus d’un siècle, ainsi qu'au modèle
de société marchand  et dévastateur (tant humainement qu'écologiquement) que prône le capitalisme productiviste : une course mortelle à la croissance définie comme paradigme économique (le toujours plus pour le bientôt plus rien…).

« Qu’est-ce que l’adaptation ? » Question initiale posée
dès la première ligne de leur livre par les auteurs de Anticiper pour s’adapter.
Une première définition est apportée, permettant une approche relative de ce nouveau concept, qui jouera à court terme un rôle décisif pour ce qui concerne l’action collective face au changement climatique : « La définition officielle la plus consensuelle que l’on connaisse est fournie par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) […] [l’adaptation est] un “ajustement des systèmes naturels ou des systèmes humains face à un nouvel environnement ou un environnement changeant”. […] il s’agit de veiller à ce que son impact sur les sociétés soit aussi faible que possible. »
Les modifications climatiques percuteront les sociétés humaines de front — notamment les populations les plus faibles, les moins « riches » et les plus sujettes aux variations du climat.
Anticiper pour s’adapter nous fait découvrir ce nouvel enjeu qu’est l’adaptation.
Mais l’adaptation n’est possible que par la prise en compte de la réalité des risques environnementaux. La capacité que nous aurons à prendre conscience de ces nouveaux enjeux — qu’ils soient d’atténuation (et l’on voit par exemple combien, par le jeu du système économique global, la simple volonté de réduire les émissions de gaz à effet de serre se heurte au pouvoir de l’argent et des lobbies industriels transnationaux, plus soucieux de leurs comptes bancaires que de l’avenir de la Planète et des générations futures) ou d’adaptation (qui suppose une ouverture d’esprit et une faculté de novation qui semblent très éloignées des potentialités de réflexion et de prise en compte de l’intérêt général de trop nombreux gouvernants et décideurs, plus tentés par des profits immédiats) — cette capacité donc, sera la condition sine qua non de la qualité de vie (si ce n'est la survie selon les plus pessimistes) de l’humanité.

En trois parties, les auteurs de Anticiper pour s’adapter s’attachent à expliquer ce qu’est l’adaptation, son objet et la manière de la mettre en œuvre. Comment elle est une « stratégie complémentaire à l’atténuation, et non concurrente. »
L’adaptation dépend de nombreux facteurs mis en évidence dans l’ouvrage. Tels que, par exemple, la vulnérabilité, qui est « l’état de relative fragilité d’un territoire et/ou d’une population » ou encore sa place dans les négociations internationales et son rôle immédiat auprès des populations locales : « … l’érection de digues, le renforcement des infrastructures, le déploiement de variétés agricoles résistantes à la sécheresse, etc., [qui] bénéficient d’abord aux habitants des pays ou régions qui les mettent en œuvre. »
On le voit l’adaptation se caractérise par une analyse globale ramenée à l’échelle locale pour une action efficace et directe en faveur des zones humaines et naturelles les plus atteintes par le changement climatique.
L’adaptation, si elle est un enjeu planétaire, a cela de particulier qu’elle agit au seul échelon utile : «  L’adaptation au changement climatique, qu’il s’agisse d’anticiper des changements et/ou d’y être plus résilient, renvoie aussi, naturellement, à une dimension locale. Les pressions sur l’environnement son souvent le fruit de conditions locales, et seules des politiques menées à cette échelle pourront permettre d’y remédier. »
Penser global agir local.

Anticiper pour s’adapter permet de se familiariser avec la question de l’adaptation. Il nous fait toucher du doigt la perspective d’un nouvel enjeu encore relativement méconnu.
Ce livre s’avère être, au fil de la lecture, passionnant. Il est abordable par tous ceux que les questions environnementales intéressent (normalement tout le monde…).
À lire absolument.
 

Anticiper pour s’adapter (Le nouvel enjeu du changement climatique), de Laurence Tubiana, François Gemenne & Alexandre Magnan, coll. Les Temps Changent, éd. Pearson

Pour en savoir plus :



Christophe Léon
www.christophe-leon.fr




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