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L'écologithèque.com
CHRONIQUE DVD
du 25 août 2010





Cet été je suis parti au Gabon, en Russie, au Nouveau Mexique, en Chine du Nord et au Népal. Chaque voyage a duré cinquante-deux minutes. Je n’ai pas émis de CO². Mon empreinte écologique a été des plus réduite. J’ai vu ce qu’aucun touriste du monde globalisé, du séjour sécurisé, banalisé et du tout en un ne verra jamais. J’ai eu la chance de visionner des films documentaires extraordinaires, regroupés dans un coffret intitulé L’usage du monde, dans la collection Les films du musée du quai Branly, sous la direction de Stéphane Breton, paru aux éditions Montparnasse. Un régal.

Loin des documentaires didactiques (grâce à l’absence de voix off, de discours extérieurs ou de démonstrations manichéennes), ces cinq films nous invitent à passer de l’autre côté du miroir. Ils nous proposent une réalité étonnante, un mode de vie totalement différent de celui du monde occidental.
Au fur et à mesure que les images se succèdent, nous sommes livrés à nos propres sentiments. Il est rare de se sentir autant concerné par un documentaire alors que personne ne nous tient la main et ne nous dit quoi penser.
Les hommes et les femmes que nous découvrons sortent des clichés habituels auxquels nous sommes habitués — ils existent. Ils sont ce que nous sommes, et pourtant si différents. Nous nous reconnaissons dans cette humanité-là. Leur culture n’est pas la nôtre, et elle nous engage à regarder ailleurs. Le quotidien, les soucis, les disputes, les souffrances de ces hommes-là ne nous sont pas étrangers. Finalement ce sont nos différences qui font que nous sommes semblables.
Les documentaires de L’usage du monde entremêlent anthropologie, culture et art.

Les cinq films :
Les hommes et la forêt de Julien Samani : la vie de deux bûcherons dans la forêt gabonaise. Savoureux, tendre et souvent drôle.
Lumière du Nord, de Sergei Loznitsa : quelque part en Russie dans le village de Sumskoy Posad. La vie d’une famille éclairée par seulement quelques heures de lumière naturelle par jour. Surprenant et parfois dérangeant, un condensé de vie.
La maison vide, de Stéphane Breton : une communauté espagnole et ses derniers survivants au milieu de nulle part. Chaleur, bières et déconfiture.
L’argent du charbon, de Wang Bing : Des chauffeurs conduisent des camions de cent tonnes chargés du charbon des mines de Shanxi qu’ils vont vendre au port de Tianjin. Négociations, poussières, violences et pollution.
La montée au ciel, de Stéphane Breton : Un village de brahmanes au Népal où se conjuguent poésie, disputes, excréments et chansons de bergers. Magnifiquement filmé, pastoral et gorgé d’empathie.

L’usage du monde un coffret essentiel, des films à voir et à revoir. Une collection tout simplement magnifique.



L’usage du monde, col. Les films du musée du quai Branly, sous la direction de Stéphane Breton, DVD, éd. Montparnasse

Pour en savoir plus :

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